Se préparer pour une audition

Une quoi? une audimachin? je t’entends d’ici : « non, non, moi j’entends très bien, je n’ai pas besoin d’appareillage…  » Je t’explique : l’audition, c’est ce moment ô combien attendu – et redouté – où tu joues devant tes petits camarades. A priori, rien d’impossible, si tu connais ton morceau et si tu gères ton appréhension.

C’est vrai que, jouer déjà devant 20 personnes, c’est impressionnant… La chaise vide, entre les 2 personnes, n’est pas vide, mais occupée par Églantine, le chat de la maison que tu connais maintenant, et qu’il n’est pas question de déloger apparemment !

Connaître son morceau, c’est l’avoir mémorisé. Soit pour le jouer effectivement par coeur, sans partition, soit pour pouvoir se détacher facilement des notes sans exclure l’éventualité d’y revenir en cas de besoin.

De l’ouvrage dont je te parlais récemment, les Fondamentaux de la pratique du piano, j’ai retenu quelques éléments-clé concernant nos différentes mémoires : la mémoire tactile des doigts sur les touches, la mémoire des mains et de leurs déplacements sur le clavier, la mémoire auditive (de la mélodie), la mémoire visuelle (de la partition écrite), et la mémoire analytique, raisonnée, qui t’aide à t’y retrouver entre plusieurs passages presque identiques.

Aucune n’est superflue, mais elles sont toutes complémentaires, et si tu te fies à ta mémoire auditive pour « retrouver l’air » et retomber sur tes pieds en cas de bug pianistique, tu n’y arriveras pas. Ou bien si tu ne comptes que sur la mémoire de tes doigts… mémoire qui s’est construite instinctivement, dans un cadre bien précis, celui de ton environnement familier, et qui, en cas d’oubli, ne reviendra pas puisque l’environnement a changé et les circonstances ne sont plus les mêmes…

Je t’invite à lire tout ceci de façon plus détaillée et plus structurée, sur ce document.

Et puis, une fois que tu es au piano, il faut assurer !

Tu ressembles à ça?

Le coeur qui bat la chamade, les mains moites, l’impression que ta tête n’est plus qu’un magma de fromage blanc au milieu duquel surnagent quelques notes et autres doubles-croches…

Pas de panique, voilà quelques astuces:

Tout d’abord, tu RESPIRES ! (oui, il vaut mieux, c’est un petit peu recommandé dans la vie en général…). Mais là, tu respires consciemment, en comptant jusqu’à 5 à chaque inspir, puis chaque expir, que tu espaces avec un petit arrêt de même durée. Ton coeur va comprendre et se calmer tranquillement.

Les mains qui tremblent, toutes moites? Va les passer sous l’eau froide…

Et, surtout, le plus important : pense au plaisir qui est le tien de jouer du piano, de faire de la musique, de profiter de ce joli morceau que tu as choisi -ou que ta prof sadique t’a imposé pour t’embêter-, et concentre-toi réellement sur la joie que tu as à pouvoir le jouer joliment. C’est la meilleure astuce que je connaisse pour effacer l’appréhension !

 

Finalement, tu verras que, petit à petit, tu prendras de plus en plus de plaisir à jouer devant tes amis, devant d’autres pianistes, et qui sait… un jour dans une gare, en attendant ton train…

Les fondamentaux de la pratique du piano

C’est le titre d’un ouvrage plusieurs fois réédité, chez Amazon, et proposé gratuitement en pdf. Il est -très mal- traduit, bourré de fautes d’orthographe, de faux-sens et de tournures lourdes et illisibles.

Mais… il a pas mal de bonnes idées. Au moins quelques-unes, puisque de 270 pages environ j’en ai retenu moins de 10, que je me suis permis de réorganiser pour t’en faire profiter !

Églantine a veillé avec application sur mon travail, ce qui m’a un peu aidée à avancer plus rapidement. Question de confort…

 

J’ai donc retenu quelques paragraphes intéressants, que j’ai regroupés en 4 chapitres différents.

Le premier concerne quelques habitudes de travail qui sont très pertinentes, comme par exemple travailler systématiquement les mains séparées, et toujours terminer une séance de piano par un jeu LENT. Ce que j’appelle « faire la paix avec le piano »… Je t’ai mitonné une mise en page colorée, pour que tu aies plus de plaisir à la lire… tu peux télécharger ce document ici

Dans le chapitre suivant sont regroupés plusieurs passages qui traitent de la musicalité. Tu sais, ce petit truc en plus qui  montre que tu as un coeur, une âme… qui rend ce que tu joues  agréable à écouter… et fait oublier la prouesse technique, aussi merveilleuse soit-elle… Jouer avec musicalité, c’est transformer ta partition  en déclaration d’amour.

Regarde, c’est pas de l’amour, ça? on entend déjà le gazouillis des petites notes aiguës, le crépitement des basses, le murmure de l’accompagnement…

Et comme toujours, un grand merci à Waz pour cette délicieuse illustration, que tu retrouves au fil des pages de « Danse avec les doigts« …

 

Si tu veux en savoir plus sur la Musicalité, comment l’acquérir, comment l’exprimer,  tu peux télécharger le document ici.

Je te détaillerai les autres chapitres dans un prochain article, je te laisse le temps de t’imprégner de tout ceci. Et, en cadeau, pas de piano cette fois, mais cette interprétation magistrale de Czardas, de Vittorio Monti, par Hauser et Caroline Cambell. Nous parlions de musicalité, d’interprétation… Enjoy !

 

Tiens-toi droit !

Aujourd’hui, je te donne un cours de maintien… Oui, j’ai changé de métier, je suis devenue la Nadine-de-Rotschild-du-piano. ( pardon, Madame la Baronne, pour ce clin d’oeil… Quand j’étais petite j’aimais bien vous lire !)

Alors, au piano, faut-il se tenir droit? très droit? moyennement droit? étalé  amoureusement penché vers son clavier chéri?

Plutôt que de te faire lire 10 pages (oui, je suis bavarde) de prose descriptive, je me suis lancé un défi : je vais te MONTRER  ce qui est bien, joli, pratique, et ce qui l’est beaucoup moins.

Aurore, si tu me lis, s’il te plaît sois indulgente…

Voilà mon petit camarade Rachmanovitch. À première vue tout va bien, il a l’air très concentré, il est à fond dans ce qu’il joue.

Tout semble ok.

Tout?

Hélas, au moins trois points de son corps sont dramatiquement en tension, et ne vont pas l’aider à jouer sereinement, quel que soit son niveau de virtuosité d’ailleurs…

Tu as trouvé? les trois?

Je suis sympa, je te donne des indices :

Ses épaules…

Ses mains…

Ses pieds…

 

 

 Tu l’as remarqué tout de suite j’imagine :

son épaule est beaucoup trop haute, un peu comme s’il voulait frimer, montrer qu’il interprète, lui, qu’il est à fond…

Hélas, cela n’est que le révélateur d’une tension importante du bras, de l’avant-bras, et probablement jusqu’au poignet…

 

Conséquence logique, une main crispée, qui joue tout au bord du clavier, sans utiliser les repères des touches noires, donc sans aucune aide tactile…

 

 

Et pour finir, les pieds qui sont en équilibre sur leur pointe, ou sur leur moitié antérieure.

Donc, mon camarade Rubinsteinski ne met pas toutes les chances de son côté pour sortir heureux et serein de sa prestation…

Tu me diras, ça ne se voit pas s’il est caché par le piano… Oui, mais ça s’entend !!!!

Voilà maintenant ma copine Kissinashvili (oui, mes amis ont des noms à rallonge, je l’avoue, tout le monde ne peut pas s’appeler Tom et Jerry – fine allusion au merveilleux dessin animé de Tex Avery, the Cat’s Concerto- à voir sur Youtube…

Mis à part sa merveilleuse robe de soirée, qui n’a rien à envier à celles de Katia Buniatishvili, ou ses escarpins à paillettes, empruntés à Lola Astanova, tout est ok dans sa posture :

les épaules détendues, les mains autant sur les touches noires que sur le reste du clavier, et les pieds posés sur le sol, stables, en attendant d’utiliser la pédale.

N’oublie pas, si tu es détendu·e, si tu es zen, tu peux utiliser bien mieux toutes tes ressources pour te concentrer, interpréter, étudier, écouter …

Alors que dans le cas contraire tu compromets la qualité de ton apprentissage ou de ton interprétation. Jouer du piano ne doit pas te faire souffrir !!!

Pour terminer cette petite chronique, je ne résiste pas au plaisir de partager avec toi cette délicieuse vidéo de la non moins délicieuse Lola Astanova :

Tu as aimé? ou pas? n’hésite pas à m’envoyer tes commentaires, indulgents de préférence…