Tiens-toi droit !

Aujourd’hui, je te donne un cours de maintien… Oui, j’ai changé de métier, je suis devenue la Nadine-de-Rotschild-du-piano. ( pardon, Madame la Baronne, pour ce clin d’oeil… Quand j’étais petite j’aimais bien vous lire !)

Alors, au piano, faut-il se tenir droit? très droit? moyennement droit? étalé  amoureusement penché vers son clavier chéri?

Plutôt que de te faire lire 10 pages (oui, je suis bavarde) de prose descriptive, je me suis lancé un défi : je vais te MONTRER  ce qui est bien, joli, pratique, et ce qui l’est beaucoup moins.

Aurore, si tu me lis, s’il te plaît sois indulgente…

Voilà mon petit camarade Rachmanovitch. À première vue tout va bien, il a l’air très concentré, il est à fond dans ce qu’il joue.

Tout semble ok.

Tout?

Hélas, au moins trois points de son corps sont dramatiquement en tension, et ne vont pas l’aider à jouer sereinement, quel que soit son niveau de virtuosité d’ailleurs…

Tu as trouvé? les trois?

Je suis sympa, je te donne des indices :

Ses épaules…

Ses mains…

Ses pieds…

 

 

 Tu l’as remarqué tout de suite j’imagine :

son épaule est beaucoup trop haute, un peu comme s’il voulait frimer, montrer qu’il interprète, lui, qu’il est à fond…

Hélas, cela n’est que le révélateur d’une tension importante du bras, de l’avant-bras, et probablement jusqu’au poignet…

 

Conséquence logique, une main crispée, qui joue tout au bord du clavier, sans utiliser les repères des touches noires, donc sans aucune aide tactile…

 

 

Et pour finir, les pieds qui sont en équilibre sur leur pointe, ou sur leur moitié antérieure.

Donc, mon camarade Rubinsteinski ne met pas toutes les chances de son côté pour sortir heureux et serein de sa prestation…

Tu me diras, ça ne se voit pas s’il est caché par le piano… Oui, mais ça s’entend !!!!

Voilà maintenant ma copine Kissinashvili (oui, mes amis ont des noms à rallonge, je l’avoue, tout le monde ne peut pas s’appeler Tom et Jerry – fine allusion au merveilleux dessin animé de Tex Avery, the Cat’s Concerto- à voir sur Youtube…

Mis à part sa merveilleuse robe de soirée, qui n’a rien à envier à celles de Katia Buniatishvili, ou ses escarpins à paillettes, empruntés à Lola Astanova, tout est ok dans sa posture :

les épaules détendues, les mains autant sur les touches noires que sur le reste du clavier, et les pieds posés sur le sol, stables, en attendant d’utiliser la pédale.

N’oublie pas, si tu es détendu·e, si tu es zen, tu peux utiliser bien mieux toutes tes ressources pour te concentrer, interpréter, étudier, écouter …

Alors que dans le cas contraire tu compromets la qualité de ton apprentissage ou de ton interprétation. Jouer du piano ne doit pas te faire souffrir !!!

Pour terminer cette petite chronique, je ne résiste pas au plaisir de partager avec toi cette délicieuse vidéo de la non moins délicieuse Lola Astanova :

Tu as aimé? ou pas? n’hésite pas à m’envoyer tes commentaires, indulgents de préférence…